Vu ce matin sur l’excellent blog de Camille Jourdain ceci, qui dans les commentaires amène à cela, qui lorsqu’on passe l’intro (il y en a encore qui vous servent la fameuse flash intro ? Et ben…. Et ils vendent du conseil digital ? Et ben et ben…) vous amène à ça, mais aussi là.
Bon.
Je commence à piger l’histoire en fait : sous prétexte d’évangélisation auprès des (forcément stupides et ignorantes) marques et des puissants retailers « Brick’n Mortar » auxquels nombre de soit-disant spécialistes du digital se croient missionnés, expliquant doctement plus ou moins mal, slides plus ou moins vides à l’appui, ce que Seth Godin explique très bien à longueur de Best Seller depuis des années…
Sous prétexte de sincèrement vouloir expliquer le changement de paradigme amené donc par la révolution digitale épicée de réseaux sociaux, et que je t’y met du conversationnel dans tous les sens, et que j’t'y mets du « Power to the customer » avec des petits shémas et plein de petites flèches entre eux et une seule toute minable qui part du logo de la marque pour bien expliquer que Push-Pull et plus Push only tout ça…
Sous prétexte d’expliquer ce fameux Web 2010 donc, ce que je vois moi, c’est que derrière ce fleurissement quotidien de nouvelles « agence spécialisées Strat. Digitale / réseaux sociaux / e-réputation et les 13 autres termes à la mode qui font classe dans le pitch de ma sarl ouèbe », se cache en fait maladroitement la tentative de donner un second souffle au concept de l’agence de comm. de base qui se meurt.
J’explique :
- Années 80-2000 : tout un tas de post soixanthuitards malins embrouilleurs (parfois brillants) type Segela ont l’idée géniale de prendre un max d’oseille en évangélisant avec brio les puissantes marques sur le credo de « l’advertising carpet bombing » tout média confondu (Presse, et Dieu sait qu’elle en a profité et en profite encore un peu, Radio, T.V….). En clair : pub, pub, et pub pour faire vendre vos produits Monsieur le fabricant de Yoghourt. Et pub chère pasque vous comprenez la qualité de la lumière au soleil des Bahamas pour le spot de 30 secondes réalisé par Ridley Scott tout ça…
- Années 2000-2010 : Internet s’énerve, se déploie, grandit, grossit, innove, surprend, et les réseaux sociaux deviennent un sujet, puis un levier de changement de comportement majeur dans l’attitude du surfeur/potentiel consommateur. La pub tradi. commence à sentir l’odeur du cramé, avec son modèle sans aucun métrics précis de mesure de la performance (l’impact précis d’une page de pub print sur la vente effective de produits en caisse… Comment dire…), face à un Google et son modèle de » Coût par Clic » réellement disruptif, mais surtout : efficace car parfaitement mesurable.
- Là maintenant tout de suite : Les petits malins bonimenteurs qui tentent de faire durer le système, et les générations entrantes qui rêvaient de faire carrière dans « la Comm. » mais s’aperçoivent que prendre les gens pour des abrutis (ET les marques qui commencent quand même à piger, ET les consommateurs qui zappent la pub désormais à 99,8% systématiquement) ça ne marche en fait vraiment plus, ils ont une idée qui peut être géniale : « regarde Monsieur le retailer, ta/tes marque(s) et tes produits, pasque les réseaux sociaux et ta e-réputation et les users entre eux et le conversationnel et j’ai presque oublié de dire e-CRM aussi, c’est important laisse moi faire c’est un métier tout ça regarde j’ai une agence digitale », et hop, ni vu ni connu, j’y colle de l’opé « communicationnelle informationnelle émotionnelle conversationnelle » en lui expliquant que c’est comme ça dans le web 2010 qu’on produit un « transactionnel fertilisant axé sur une relation client push-pull dans laquelle la marque n’est plus acteur principal mais créateur d’espaces d’échanges entre clients / consommateurs ».
Et voilà comment je passe d’une agence de Comm. qui vendaient de l’esbrouffe en barre à coups d’opés hors de prix calibrées « Lion d’Or à Venise » à une Agence Digitale « Spécialisée Réseaux Sociaux et E-Réputation » qui, si l’on regarde bien et à quelques exceptions près, se propose de continuer exactement dans la même veine.
Tout ça, c’est souvent de l’esbrouffe : ça va faire travailler (et encore) une équipe pseudo-créative sur tout un tas d’idées et de concepts, ça va coûter une blinde, mais au final, il y aurait très certainement eu beaucoup plus efficace à faire si le but logiquement recherché par le client retailer à la fin de l’histoire reste de faire venir, faire acheter, faire racheter ses produits par ses clients satisfaits.
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